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Génomique des populations

Quel avenir génétique pour l’ours des Pyrénées ?

Une étude démo-génétique de la population d’ours brun pour l’association Pays de l’Ours – ADET.

Ours brun traversant une clairière en forêt, dans les Carpates

En bref

Commanditaire
Association Pays de l’Ours – ADET
Partenaire scientifique
UMR BIOGECO (INRAE, Université de Bordeaux)
Espèce
Ours brun, Ursus arctos
Données
Suivi de la population, de 1975 à 2024
Approche
Modélisation démo-génétique, projections jusqu’en 2050
Année
2025

Le contexte

Proche de l’extinction dans les Pyrénées au milieu des années 1990, l’ours brun y a été renforcé à partir de 1996 par des lâchers d’ours venus de Slovénie. La population est estimée à 104 individus en 2024. Issue d’un petit nombre de fondateurs, elle reste génétiquement fragile : sa consanguinité augmente depuis le début des années 2000, alors même que ses effectifs croissent.

La question

Quel est l’état génétique de la population, et quels apports d’ours limiteraient la consanguinité d’ici 2050 ?

L’approche

Synthèse des données du suivi de la population : un pedigree établi à partir de treize marqueurs microsatellites, sur des poils et des fèces, de 1975 à 2024. Après estimation des paramètres démographiques, la population est simulée de 2024 à 2050 : de 0 à 200 ours introduits entre 2030 et 2040, avec de 0 à 100 % de mâles, soit 2 475 généalogies simulées.

Les enseignements

Sans nouvel apport, la consanguinité continue d’augmenter jusqu’en 2050. Un renforcement modéré mais structuré est la mesure la plus efficace : 30 ours introduits sur dix ans, dont environ 70 % de femelles, freinent la hausse de la consanguinité et augmentent la taille efficace de la population. Maintenir la connectivité entre les deux noyaux de population et coordonner la gestion entre la France, l’Espagne et l’Andorre complètent ces mesures.

Délai entre deux portées

0 an7,5 %
1 an11,3 %
2 ans64,2 %
3 ans11,3 %
4 ans5,7 %

Part des reproductions des ourses selon le nombre d’années écoulées depuis leur dernière mise bas, d’après les données de suivi jusqu’en 2024 (figure 3 du rapport) ; 1,86 an en moyenne. « 0 an » : portées de plusieurs pères, comptées comme deux reproductions.

Des données de suivi aux projections

  1. 1975-2024années de suivi de la population analysées
  2. 13marqueurs microsatellites pour identifier chaque ours et établir le pedigree
  3. 104ours estimés en 2024, dans un intervalle de 97 à 123
  4. 2 475généalogies simulées jusqu’en 2050
  5. 0 à 200ours introduits selon les scénarios, de 0 à 100 % de mâles

Ce que montrent les simulations

  • Sans intervention, l’érosion génétique se poursuit lentement mais inexorablement : la consanguinité moyenne continue d’augmenter jusqu’en 2050.
  • Dans le modèle, les effectifs atteignent la capacité de charge fixée vers 2035, avec plus de 400 ours.
  • Plus les ours introduits sont nombreux, plus la taille efficace et la diversité génétique augmentent : la richesse allélique passe de 5,6 à plus de 7 allèles par locus.
  • À nombre égal, des introductions majoritairement féminines peuvent doubler la taille efficace génétique. La consanguinité varie de 0,40, pour des apports limités et surtout masculins, à 0,14 pour des apports importants et surtout féminins.
  • Le scénario recommandé, 30 ours sur dix ans dont environ 70 % de femelles, freine la hausse de la consanguinité par rapport à l’absence d’apport.

Les figures du rapport

Figure 6 du rapport : consanguinité moyenne simulée, sans introduction (a) et avec 30 ours introduits sur dix ans (b) ; médiane de 50 simulations.Figure (nouvel onglet)
Figure 6 du rapport : consanguinité moyenne simulée, sans introduction (a) et avec 30 ours introduits sur dix ans (b) ; médiane de 50 simulations.
Figure 4 du rapport : effectifs de la population, observés de 2000 à 2024 puis simulés jusqu’en 2050.Figure (nouvel onglet)
Figure 4 du rapport : effectifs de la population, observés de 2000 à 2024 puis simulés jusqu’en 2050.

Pour aller plus loin

Les projections gagnent à être actualisées avec les nouvelles données de suivi. LDgenX propose de partager et de codévelopper ses modèles de simulation avec l’Office français de la biodiversité, pour affiner les stratégies de gestion de la population.

Qui a fait quoi

  • Commanditaire : Alain Reynes, association Pays de l’Ours – ADET.
  • Rapport : Maeva Leitwein et Emilie Delpuech (LDgenX). Coordination scientifique : Maeva Leitwein.
  • Outils de modélisation et statistiques : Emilie Delpuech et Virgil Fivet (UMR BIOGECO), dans le cadre du stage d’Anouk Glazmann d’Hont, étudiante en Master 2 à l’École pratique des hautes études (EPHE), recrutée pour le projet.
  • Partenaire scientifique : UMR BIOGECO (INRAE, Université de Bordeaux).
  • Données de suivi : réseau Ours brun, piloté par l’Office français de la biodiversité avec les services espagnols et andorrans.

L’expertise associée

Génomique des populations

Comprendre la diversité, la connectivité et l’adaptation.

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